Calculer sa marge, c’est la seule façon de savoir si ton entreprise gagne vraiment de l’argent ou si elle s’épuise à produire du chiffre d’affaires. En fait, beaucoup de dirigeants de PME ne le font jamais, produit par produit. Ils regardent le chiffre d’affaires monter et pensent que tout va bien. Pourtant, le chiffre d’affaires ne dit rien sur ce qui reste dans les poches à la fin du mois. Il peut même cacher une perte pendant des mois entiers.
C’est exactement ce qui est arrivé à un fabricant de boîtes en carton, client de Meriaky. Son chiffre d’affaires a triplé en quatre mois. Un résultat que la plupart des dirigeants signeraient les yeux fermés. Sauf que derrière ce chiffre, une perte s’était installée sans bruit, mois après mois.
Le chiffre d’affaires qui cache une perte
Fin mars, ce client fait un montant record de chiffre d’affaires. Il dépasse alors ses propres objectifs. Et pourtant, il se retrouve en négatif : « fin mars, on a fait 38. On est allé au-delà de nos attentes, mais on a fait une perte. J’étais à moins 5. Pourquoi je suis à moins 5 ? »
Sa philosophie résume bien le problème que beaucoup d’entrepreneurs refusent de voir : « Je serais bien content de faire 25 000 et de gagner 10 000. Je ne peux pas faire autant d’argent et être en perte. Ça n’a aucun sens. » Autrement dit, produire plus ne sert à rien si chaque commande grignote un peu plus la caisse. Et c’est justement ce qu’il n’arrivait pas à voir, faute d’avoir les bons chiffres sous les yeux.
Comment calculer sa marge, concrètement
Calculer sa marge, dans les faits, c’est simple sur le papier : prix de vente moins coûts directs, ça donne la marge brute. En pourcentage, ça donne un chiffre facile à suivre dans le temps, mois après mois.
Le piège, c’est de s’arrêter à une marge globale. En effet, une entreprise peut afficher une marge moyenne correcte tout en vendant certains produits carrément à perte. D’où l’intérêt de calculer ta marge produit par produit, et pas seulement au niveau de l’entreprise entière. Ensuite, il faut recalculer cette marge dès que les coûts fournisseurs bougent, car un prix figé sur un coût qui a grimpé devient, sans que personne s’en rende compte, un prix perdant. Ce calcul rejoint la notion classique de marge brute enseignée en gestion, un repère que trop peu de dirigeants suivent produit par produit.
Le sac de riz troué
Ce genre de perte ressemble à une course avec un sac de riz troué sur le dos. Ainsi, chaque grain qui tombe est invisible sur le coup. Personne ne le remarque en courant, surtout quand les affaires semblent aller bien. Mais à l’arrivée, le poids du sac ne ment pas : il en manque beaucoup plus qu’on ne le pense.
C’est exactement ce qui s’est passé chez ce fabricant de boîtes. Les coûts avaient bougé, doucement, commande après commande. Les prix, eux, étaient restés figés depuis longtemps. Sans calculer sa marge régulièrement, personne ne pouvait le voir venir.
La découverte des 36 sous : calculer sa marge commande par commande

Avec un outil d’analyse installé par Meriaky, ce client a pu regarder ses commandes historiques une par une. Et c’est là qu’il a trouvé le problème, sur une commande précise : « le plancher est 6.56. Moi je l’ai mis à 6.2. Je suis à perte de 36 sous, carrément. »
Pourtant, trente-six sous, ce n’est rien à l’unité. Mais multiplié par le volume de commandes, ça suffit à transformer un mois record en mois négatif. Aussi, cette découverte n’aurait jamais été possible en regardant seulement le chiffre d’affaires global, sans jamais descendre commande par commande. Calculer sa marge commande par commande, c’est exactement ce qui a fait sortir ce chiffre caché.
Le vrai levier : le fournisseur, pas le volume
En creusant plus loin, une deuxième réalité est apparue, encore plus lourde : « plus de 60% de ce que je génère va à mon fournisseur de feuilles. Ce n’est pas logique. »
Le levier de profit n’était donc pas de vendre plus. Il était plutôt dans la négociation avec le fournisseur de matière première. Beaucoup de dirigeants cherchent la croissance du côté des ventes, alors que la vraie marge se joue souvent du côté des achats, là où personne ne regarde.
Le redressement en un mois
Une fois le sous-pricing corrigé et le fournisseur renégocié, les chiffres ont basculé rapidement. Mars s’était soldé avec des pertes, les mois suivants une belle plus-value. La marge brute, elle, est passée de 20% supplémentaires sur la même période, sans que le volume de commandes ne change vraiment.
Ce redressement n’a rien de magique. Il vient uniquement du fait d’avoir enfin regardé les vrais chiffres, produit par produit, commande par commande. D’ailleurs, c’est le même client qui a fait construire un outil de soumission chiffrée avec Meriaky : tu peux voir comment cet outil de soumission a été construit dans l’étude de cas complète.
Pourquoi calculer ta marge change toute la suite
Calculer ta marge régulièrement dépasse largement la tâche comptable. C’est la seule information qui dit vraiment si le mois a été bon ou mauvais. Un chiffre d’affaires en hausse peut cacher une perte grandissante, alors qu’une marge suivie de près évite la mauvaise surprise en fin de mois.
Bref, la question n’est jamais « combien j’ai vendu », mais « combien il me reste ». Envie de voir où se cachent les pertes invisibles dans ton entreprise ? Le calculateur de coût des tâches manuelles de Meriaky donne un premier aperçu en quelques minutes.
Prix de vente moins coûts directs, ça donne la marge brute. Calculer sa marge revient ensuite à diviser ce résultat par le prix de vente pour obtenir un pourcentage facile à suivre chaque mois.
Parce que les coûts fournisseurs bougent souvent sans que les prix de vente suivent. Du coup, un volume plus grand ne fait qu’amplifier une perte déjà présente sur chaque commande.
Par produit, car une moyenne globale peut cacher des produits vendus carrément à perte. C’est souvent là que se trouve l’argent perdu.

À propos de l’auteur
Edouard Vilver · Cofondateur de Meriaky
Ingénieur en informatique, 15 ans d’expérience, dont plus de 7 ans à la Banque Nationale du Canada. Il y a mis en place la signature électronique et migré des systèmes vers le cloud. Aujourd’hui, il aide les PME à automatiser leur suivi client et leurs tâches répétitives grâce à l’IA.
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